A few months ago, I had the pleasure of opening and tasting a delicious bottle of the cuvée Rosae produced by the Azienda Agricola Giuseppe Rinaldi. The Italian indigenous grape variety composing this floral and spicy wine? Ruchè. My curiosity was whetted.

 

Ruchè is a nice discovery (for me at least) but also a mystery. A grape variety mostly produced in the DOCG Ruchè di Castagnole Monferrato, located East of Torino, but also grown by a few other happy producers in the Langhe hills or the region of Alessandria.

Its main area of production – one of the smallest DOCG in Italy – represents barely more than 130 hectares. Add to that a few other hectares here and there, for a total of around 200 hectares (only 46 were planted in 2000) and you get the picture. What does Ruchè represent in a world where the global surface under vine is 7,5 million hectares? A drop of water.

A drop of water and yet for those who have had the chance to taste a wine composed of this grape, a delight, perfumed, violet and rose scented, silky, fresh and delicate.

 

Where does our little Ruchè come from? It is a mystery…There are numerous hypotheses, but none have been confirmed. For certain, its name is said to come from a community of monks called « San Rocco » devoted to Saint Roch, who is believed to have introduced and grown the grape variety in its current zone of production. For others, etymologically the name Ruchè refers to the term « Roche » designating a rocky soil in the Piemontese dialect, or to the term « Roncet », the name of a virus to which Ruchè is said to be particularly resistant (a somehow paradoxical explanation). These two theses support its Piemontese origin. According to another hypothesis, the grape originates from Burgundy and has been introduced in Piemonte during the Middle Age by clerics. Another version, which many ampelographic researchers seem to believe, explains that Ruchè comes from old vineyards in Haute-Savoie and has travelled across the Alps to find its home at the foot of the mountains in our Italian neighbours’ land.

Regarding its DNA, same mystery. Similarities have been established with Pinot Noir, yet no direct family link was confirmed. Floral, fruity, delicate, with cherry and violet aromas, a distant relation with our Pinot Noir would not be surprising. Add to that the fact that Ruchè particularly likes alkaline soils such as calcareous-clay or marl and clay and the theory seems valid. Yet, the comparison stops short, with regards to the colouring nature of the grape variety, its rather thick skin, its marked tannic frame and its moderate acidity, suggesting that the varietal is finally not that close to our Burgundy Pinot.

 

If there’s a mystery as to its origin and parents, the recent history of Ruchè is, on the other hand, much easier to tell. Its rebirth is the achievement of a priest called Giacomo Cauda, who discovered this endangered red grape variety doomed to extinction. When he arrived in the parish of Castagnole Monferrato in the early 1960s, he received as a gift a few rows of vine. The tiny vineyard was soon exploited and produced a rather charming wine. Impressed by the characteristics of the wine and by the grape variety, by its bouquet and generosity, the priest is said to have encouraged its replantation in the area.

A happy inspiration for soon came recognition, with the gaining of a DOC status in 1987 and of the DOCG status recently, in 2010.

 

The revival of the magic of a forgotten varietal can sometimes rely on a single man, a palate, a moment of tasting pleasure. Italy offers many of these indigenous grape varieties, with obvious organoleptic interest, grown on tiny vineyard surfaces. Varietals which remain a guarantee of a new emotion, far from the standard wines produced elsewhere. Wine treats, ampelographic exceptions, whetting our curiosity, telling us beautiful stories and awakening our tasting buds.

 

 

 

Il y a quelques mois, j’ai eu le plaisir d’ouvrir et de déguster un merveilleux flacon de la cuvée Rosae produite par l’Azienda Agricola Giuseppe Rinaldi. Le cépage indigène italien composant ce vin floral et épicé ? Le Ruchè. Ma curiosité était piquée au vif.

 

Le Ruchè est une belle découverte (pour moi du moins), mais aussi un mystère. Un cépage principalement produit dans la DOCG Ruchè di Castagnole Monferrato, à l’est de Turin, mais aussi disséminé chez quelques heureux producteurs dans les collines du Langhe ou dans la région d’Alexandrie.

vineyard landscape in Italy

Sa zone de production principale – une des plus petite DOCG italienne – représente à peine plus de 130 hectares. Ajoutez à cela quelques autres hectares de-ci de-là, pour un total qui avoisine les 200 hectares (il n’y avait que 46 hectares en 2000), et vous avez une idée de ce qu’est le Ruchè dans un monde ou plus de 7,5 millions d’hectares sont plantés de vigne : une goutte d’eau. Une goutte d’eau et pourtant pour ceux qui ont déjà eu la chance de déguster un vin du cépage, une variété parfumée, sur la violette et la rose, soyeuse, croquante, fraîche et délicate.

 

D’où vient donc notre petit Ruchè ? Mystère…les thèses sont nombreuses mais aucune n’est entérinée. D’après certains, son nom viendrait d’une communauté de moines surnommée « San Rocco » dévouée à Saint Roch, qui aurait introduit et cultivé le cépage dans sa zone de production actuelle. Pour d’autres, étymologiquement le nom Ruchè viendrait du terme « Roche » qui évoque un vignoble sur un sol caillouteux dans le dialecte Piémontais, ou encore du terme « Roncet », nom d’un virus auquel le Ruché serait particulièrement résistant (explication quelque peu paradoxale quoi qu’il en soit).  Deux pistes qui corroboreraient la thèse de son origine Piémontaise. Selon une autre hypothèse, le cépage serait originaire de Bourgogne et aurait été introduit dans le Piémont au Moyen Age par des ecclésiastiques. Dernière piste à laquelle beaucoup d’ampélographes semblent donner raison, le Ruchè viendrait de vieux vignobles isolés, en Haute-Savoie et aurait simplement traversé les Alpes pour trouver terre d’accueil au pied des montagnes chez nos voisins italiens.

Hilly vineyards in early summer in Italy, Europe

Au niveau ADN, même mystère. Des similitudes avec le Pinot Noir aurait été établis, sans pour autant qu’un lien de parenté direct ne soit attesté. Floral, fruité, délicat, arômes de violette et de cerise, un cousinage avec notre Pinot Noir n’aurait effectivement rien d’étonnant. Ajoutons à cela que notre Ruché apprécie aussi tout particulièrement les sols à tendance alcaline, argilo-calcaires ou marno-calcaires et la théorie se tient. Pour autant la comparaison s’arrêtera là, puisque la nature colorante du cépage avec sa pellicule plutôt épaisse, sa trame tannique plutôt marquée et son acidité modérée, l’éloigne quelque peu de notre Pinot Bourguignon.

 

Si le mystère entoure son origine et sa parenté, son histoire récente est en revanche beaucoup plus facile à conter. Sa renaissance serait l’œuvre d’un prêtre surnommé Giacomo Cauda, qui aurait redécouvert ce beau raisin rouge en voie d’extinction. En arrivant à la paroisse de Castagnole Monferrato, le prêtre aurait reçu en présent, quelques rangs de vignes qu’il aurait bien vite exploité pour produire un vin rouge fort charmant. Frappé par les caractéristiques du vin et donc du dit cépage, par son bouquet et sa générosité, le paroissien aurait par la suite encouragé sa replantation dans la zone. Une heureuse inspiration puisque la reconnaissance ne tardera pas avec l’obtention d’une DOC en 1987 et d’une DOCG tout récemment en 2010.

 

Il suffit parfois d’un homme, d’un palais, d’un moment de plaisir gustatif pour faire revivre la magie d’un cépage oublié. L’Italie regorge de ces variétés autochtones à l’intérêt organoleptique évident qui évoluent sur de toutes petites surfaces viticoles. Des variétés qui sont aussi la garantie d’une émotion nouvelle loin de ces vins standards produits un peu partout. Autant de petites merveilles, d’exceptions ampélographiques, qui attisent notre curiosité, nous racontent de bien belles histoires et continuent de réveiller nos papilles.