A droite, au bout de la corniche, une petite maison est perchée sur les hauteurs et veille sur les vignobles. Tout est calme, serein, paisible. La vigne a pris ses teintes d’automne, endossée ses plus beaux habits pour célébrer une saison qui s’achève. Une petite table, un vieil arbre, la brume et Montestefano. Un cru, puissant, raide, vertigineux, comme un défi, un géant à dompter.

thumb_IMG_1944_1024

Cantina Rivella Serafino di Rivella Teobaldo, est l’histoire simple et pourtant touchante d’une terre et d’un homme, qui se parlent et se respectent depuis plus de 50 ans. Un cru unique, deux petits hectares, Teobaldo, sa femme Maria et la vigueur du Nebbiolo sur un terroir abrupt, pour une recette immuable qui renouvelle chaque année un petit miracle gustatif.

Montestefano parle de lui-même. Ce cru de quelques huit hectares qui regarde le sud, du haut de ses quelques 270 mètres, semble s’engouffrer dans la vallée et plonger vers la cluse.

Les vignes de Teobaldo dominent le cru, tout en haut. Plantées en 1962, elles ont depuis bien longtemps atteint l’âge de raison. A peine 0,5 hectares de Dolcetto et un peu moins de 2 hectares de Nebbiolo, qui donnent naissance chaque année à un Barbaresco plein, profond, puissant et néanmoins velouté.

thumb_IMG_1941_1024

Une visite au domaine, c’est redécouvrir la sémantique de l’artisanat. Tout est fait main, du début à la fin. Quatre mains, celles de Teobaldo et de sa femme Maria, qui taillent cette vigne pentue, récoltent les fruits du Dolcetto et du Nebbiolo, entonnent, mettent en bouteille, pour finalement déboucher de bien jolis flacons.

 

Teobaldo nous montre, non sans émotion, son premier millésime, 1967. Quelques flacons sur une étagère, qui témoignent de ce long dialogue, entre un homme et un cru.

thumb_IMG_1959_1024

Dans le chai miniature attenant, quelques vieilles Botti où mature lentement les vins. Trois ans pour le Barbaresco, suivis d’une année en bouteille, soit un an de plus que la plupart des autres vins de l’appellation, afin que Montestefano s’assagisse. Le géant de marne en a bien besoin. Il brille par sa puissance et son soyeux, après avoir pris son temps. Il ne faut pas le brusquer.

 

Teobaldo débouche ses flacons avec une fierté non dissimulée, mais aussi une générosité évidente. Si 2013, en primeur, est encore un enfant insolent, la profondeur est déjà là. 2012, quant à lui a gagné en douceur suave, en expression florale, tout en conservant cette force naturelle. 2001 va clore le débat et démontrer avec brio la noblesse du cru et sa très grande capacité d’évolution. Le tabac et le cuir combinent avec un fruit encore bien présent, des tanins denses et crayeux et une longue finale pure et acidulée. Un seigneur du Langhe, imposant et pourtant suave, évolué et pourtant encore vif et frais.

 

Les initiés ne s’y trompent pas. Au détour de quelques caves renommées de Barolo, le nom de Teobaldo est souvent cité en référence, comme un exemple à suivre, un métronome, une valeur sûre.

Teobaldo n’est pas grand par la taille, mais il abat un travail de colosse. Seul face à la pente, dans la brume ou sous le soleil, il produit un des plus grands vins du Piémont, avec un plaisir évident, le sourire aux lèvres. Son plus grand bonheur, voir les gens se régaler de son vin, autour d’une petite table en bois, dans sa maison et raconter son histoire, simplement, sans artifices. L’histoire simple de deux géants du Piémonts. Un homme et un cru, qui dominent la vallée et régalent les palais avisés, dans un langage coloré aux accents veloutés.

 

At the end of the cliff road on the right, a small house perched on the heights and looking over the vineyards. Everything is quiet, serene and peaceful here. The vine has taken its autumn colours, chosen its most beautiful clothes to celebrate the end of the season. A small table, an old tree, the mist and Montestefano. A powerful, steep, vertiginous cru, like a challenge, a giant to be mastered.

thumb_IMG_1935_1024

Cantina Rivella Serafino di Rivella Teobaldo is the simple and yet touching story of a land and a man, who have been exchanging in the deepest respect for over 50 years. A single cru, two tiny hectares, Teobaldo and his wife Maria, and the vigour of Nebbiolo on an abrupt terroir, an unchanging recipe yet recreating a miracle every year.

 

Montestefano speaks for itself. From its 270 metre altitude, this cru of eight hectares faces the south and seems to dive into the valley.

The vines of Teobaldo dominate the cru at the top. Planted in 1962, they reached the age of reason long ago. Barely 0,5 hectares of Dolcetto and less than 2 hectares of Nebbiolo, giving birth every year to a deep, powerful, yet velvety Barbaresco.

thumb_IMG_1940_1024

Visiting the estate is like rediscovering the semantic of handcraft. Everything is done by hand from beginning to end. Four hands, those of Teobaldo and his wife Maria, pruning this steep vineyard, harvesting the berries of Dolcetto and Nebbiolo, filling the old casks, bottling and finally uncorking delightful flasks.

 

Teobaldo likes to show, with obvious emotion, his first vintage, 1967. A few bottles on a shelf, testifying of this long dialogue between a man and a vineyard.

In the adjacent and tiny ageing room, a few old Botti in which the wines mature slowly. Three years for the Barbaresco, followed by one year in bottle. One more year than most of the other wines of the DOCG, so that Montestefano can be tamed. A long ageing, needed for this marl giant, shining through its power and its smoothness. No rushing here if you want to understand the magic of the cru.

thumb_IMG_1957_1024

Teobaldo uncorks his bottles with genuine pride, but also obvious generosity. If 2013, En primeur, is still an insolent child, the depth and complexity are already there. 2012 is sweet-flavoured, smoother, more floral in its expression, albeit retaining its natural strength. 2001 will brilliantly close the chapter, demonstrating the nobility of the cru and its great aging potential. Tobacco and leather notes combine with a still present delicate fruit expression, dense and chalky tannins and a long, pure, tart fruit finish. A lord of the Langhe, imposing yet smooth, evolved yet still vivid and fresh.

 

Connoisseurs are not mistaken. In a few acclaimed wineries of Barolo, Teobaldo is often described as a reference, an example to follow, a solid value, a metronome.

He is not a tall man, but he works like a colossus. Alone, on the slope, in the mist or under the sun, he is producing one of the greatest wines of the Piemonte, with simple pleasure, a smile on his face. His greatest joy is to see the enjoyment of the amateurs, around his small wooden table, in his house and to tell his story, with his own unpretentious words.

The simple story of two giants of the Piemonte. A man and a cru, overlooking the valley and using a coloured language with velvety accents to give the greatest joy to the most demanding palates.