A craggy and verdant horizon, composed of skilfully delimited parcels, in which Nebbiolo reigns as king and expresses its delicate complexity. The hills of Langhe, a bucolic world, a viticultural universe of evident charm, with its fortified villages and its lush and steep vineyards. The Italian lifestyle here meets the respect of a historical agricultural tradition and an envied production: this kings’ wine, Barolo, but also the tender and crunchy hazelnut and the white diamond flattering the palates of gourmets. Everything here seems peaceful, in order, at its right place. An enclave blessed by the gods, following the cycle of the vine, sometimes quaking with hail or smiling in October when the crop is beautiful. Yet, when bureaucracy and commercial perspectives are leading the way, this natural balance is threatened.

 

Vigne Barolo 3

Whilst the temptation of the modern wine, of the international oaky expression, finally seems to recede, Barolo has to face new and potentially even more dangerous threats: bureaucrats’ stupidity and the power of the economic stake.

How to disrupt peacefulness, to disorientate the amateurs and the producers, to complicate what was understood and accepted so far? Nothing could be more simple: a new regulation, the influence of the pen which decides regardless of the reality of the field and bottle and Bob’s your uncle.

 

Producing a great wine is a personal search to reach a balance and a high level of complexity. A different recipe in each estate. For the consumer, it is meeting the renewed emotion, like a bond of trust.

The viticultural legislation is supposed to serve this search for quality and this particular relationship between the vine grower and the consumer. Serving the demanding producer and the public who has the right to understand, to be informed without becoming the hostage of a decision and of a bureaucrat’s whim.

The wine label is also supposed to be the extension of this fine balance. Few pieces of information giving a direction. A label in a world of paperwork in which each mention can become a vocal debate, with answers mainly to be found in offices or court.

 

In a vineyard with a multitude of different crus, for as many microclimates, type of soils and bottled expressions, the label of Barolo must remain a guide, deliver a simple message, give clues, without either restricting the producer nor lying to the final consumer. Yet, after a long court battle, justice has decided to opt for profit and to censor the truth of the label.

Cannubi, at the very heart of the vineyard, lies this historical cru of 19,53 hectares, in the shape of an amphitheatre, in which the sandy marl of the Tortonian mingles with the limestones of the Serravallian. This geological context combined with an ideal exposure and a strategic topography are said to add depth and poise to the wines, to result in a perfect match between power and delicacy.

19,53 hectares or a few privileged owners in this historical parcel already lauded by Lorenzo Fantini during the 19th Century or more recently by Renato Ratti in his famous classification of the Barolo crus. 19,53 hectares, it is a lot and at the same time, it is very small. Too small for some, apparently. While the adjacent parcels, the whole “Cannubi hillside” in fact, already had the right to use the name Cannubi before the name of another cru (Cannubi San Lorenzo, Cannubi Valetta, Cannubi Muscatel and Cannubi Boschis) the court battle raged. The Cantine Dei Marchesi di Barolo had decided that Cannubi would be more flattering than Cannubi Muscatel. The main argument: the potential confusion between Muscatel and Moscato.  How to consider consumers as fools and to look for more profit through a nice shortcut? However, justice has taken its side, opting for this trickery and submitting to the most illogical, the commercial aspect.

thumb_IMG_1868_1024

The parcels adjacent to the “real” Cannubi can give birth to great wines. There is no debate about this. We are here discussing the truth of the label, the precision of the mention, the explanation given to the consumer.

 

Same statement when you want to mention different crus on a label to inform the consumer of the exact origin of the grapes composing a cuvée. At the Azienda Agricola Giuseppe Rinaldi, the two crus Brunate and Le Coste proudly appeared on the label of a reference Barolo cuvée for many enlightened amateurs. The purpose of this specific blend was, logically, to look every year for the best balance and to create more distinction. The bureaucrats have suddenly decided that one and only one parcel could appear on a label of Barolo (Brunate in that case). Furthermore, such “single vineyard cuvées” must from now on comprise at least 85% of grapes from the mentioned cru. How to create complication, to bridle the producer who was only trying to provide precise information and to create emotion?

DSC_0910

If Barolo remains Barolo, a unique land of wine, an encounter between structure and delicacy, it is logical to ask why justice and regulation continue to turn a deaf ear, to create conflict, to spread confusion. Wine will surely remain the best answer. However, when legislation decides, even the viticultural and winemaking challenges seem almost incidental.

 

 

 

 

Un horizon parsemé de collines verdoyantes, de parcelles savamment délimitées où le Nebbiolo est roi et exprime parfois sa plénitude. Les collines de Langhe, un monde bucolique, un univers viticole au charme évident, entre villages fortifiés et pentes escarpées. L’art de vivre à l’italienne, le respect d’une tradition agricole historique, et une production qui tutoie les sommets : ce vin des rois qu’est le Barolo, la noisette tendre et craquante ou encore le diamant blanc d’Alba qui flatte les palais des gourmets. Tout semble ici paisible, installé, à sa place. Une enclave Piémontaise bénie des dieux qui suit le cycle de la vigne, frémit parfois au son de la grêle et sourit en octobre quand le raisin est beau. Pourtant quand la bureaucratie et la priorité commerciale prennent les rennes, cet équilibre vacille.

 

DSC_0931

Alors que la tentation du vin moderne et sans âme semble enfin s’éloigner, Barolo doit faire face à des menaces tout aussi inquiétantes : la stupidité bureaucrate et la puissance de l’enjeu commercial.

Comment bouleverser une histoire établie, déboussoler les amateurs et les producteurs, compliquer ce qui semblait compris et accepté ? Rien de plus simple, une nouvelle règlementation, l’influence de la plume qui légifère sans se soucier de la réalité du terrain et de la bouteille, et le tour est joué.

 

Créer un grand vin c’est une recherche personnelle pour atteindre un équilibre et une complexité organoleptique. Une recette différente dans chaque domaine. Pour le consommateur c’est aussi un rendez-vous, une émotion renouvelée, une relation de confiance.

La réglementation viticole est censée se mettre au service de cette recherche de qualité et de ce contrat entre le viticulteur et le consommateur. Servir le producteur exigeant et le public qui a le droit de comprendre, d’être informé sans être pris en otage d’une décision, d’une lubie bureaucrate.

L’étiquette d’un vin est finalement le prolongement de cet équilibre ténu, où quelques informations distillées doivent donner une direction. Une étiquette dans un monde de paperasse où chaque mention peut devenir un débat virulent, qui trouvera un semblant de réponse dans les bureaux voire dans les tribunaux.

Dans une appellation aux innombrables crus, pour autant de microclimats, de type de sols et donc d’expression embouteillées, l’étiquette du Barolo doit rester un guide, délivrer un message simple, lisible, sans brider le vigneron et sans mentir au consommateur.

 

Pourtant, après des retournements juridiques digne d’une série américaine, la court a tranchée en faveur du profit et de l’illisible. Cannubi, une colline au cœur de l’appellation, un cru historique de 19,53 hectares, en forme d’amphitéâtre, où se mèlent les marnes sableuses du Tortonien et les calcaires du Serravallien. La rencontre de la puissance et de la délicatesse pour une perspective de plénitude portée par une exposition idéale et une topographie stratégique.

19,53 hectares ou quelques privilégiés, propriétaires dans cette parcelle historique vantée par Lorenzo Fantini dès le 19ème siècle et plus récemment par Renato Ratti dans son fameux classement des crus de la DOCG. 19,53 hectares c’est beaucoup et c’est bien peu. Trop peu semble-t-il pour certains. Alors que les parcelles adjacentes, l’ensemble de la colline en fait, avaient d’ores et déjà le droit à la mention Cannubi depuis longtemps, précédent le nom d’un autre cru (Cannubi San Lorenzo, Cannubi Valetta, Cannubi Muscatel et Cannubi Boschis), la bataille juridique a fait rage. Le domaine Marchesi di Barolo avait décidé que Cannubi serait plus vendeur que Cannubi Muscatel, arguant de la confusion entre Muscatel et Moscato. Comment prendre le consommateur pour un imbécile et chercher le profit par un joli raccourci ? La justice a pour l’instant tranché en faveur de cette supercherie et semble s’entêter pour servir l’illogique et le commercial.

thumb_IMG_1872_1024

Que les parcelles adjacentes soient capables d’enfanter des grands vins ne fait pas débat. Nous parlons simplement de la vérité de l’étiquette qui doit donner avec précision et expliquer au consommateur.

 

Même constat quand il s’agit de mentionner différents crus pour informer le consommateur de la provenance des raisins qui composent une cuvée. A l’Azienda Agricola Giuseppe Rinaldi, les crus Brunate et le Coste venaient agrémenter l’étiquette d’une cuvée rendez vous pour beaucoup d’amateurs éclairés. Cet assemblage répondait chaque année à cette volonté de recherche d’équilibre et de complexité aromatique. Les bureaucrates ont décidé du jour au lendemain qu’une seule parcelle devrait être mentionnée sur l’étiquette (Brunate en l’occurrence) et que ladite cuvée devrait dorénavant comprendre au moins 85% de raisin provenant de ce seul cru. Créer la complication, brider le producteur qui cherchait tout simplement à fournir une information précise et à donner de l’émotion.

_20160116_212229

Si Barolo reste Barolo, une terre de vin unique, un rendez vous entre la structure et la finesse, il est légitime de se demander pourquoi la justice et la réglementation continuent de faire la sourde oreille, de chercher à créer le conflit et la confusion. Le vin restera sûrement la meilleure réponse, pour autant quand la législation décide, même les défis du vignoble et du chai deviennent presque dérisoires.