January 2016. During a journey in Chassagne-Montrachet my friend and inspired vinegrower, Caroline Lestimée of the Domaine Jean-Noël Gagnard suggests producing a wine labelled with our two names. Surprised and above all honoured by this unexpected proposal, additionally coming from such a talented and respected producer, I was immediately excited by the project. The idea soon gained ground and, after polishing up the details, we decided together that the lucky one, the chosen parcel, would be the Chassagne-Montrachet 1er Cru Chenevottes. In magnum – of course. A festive format, large enough for special occasions and ideal for a long maturation in the cellar.

 

The identity of our Chenevottes: climat located at the North of the village, next to Saint-Aubin. On a gentle slope, Chenevottes has a cool microclimate for the appellation. The average altitude is 230 metres above sea level. North-east exposure. The soil is rather deep for the sector, light clay-based and rich in iron (small ferruginous oolite pebbles). The Domaine Jean-Noël Gagnard owns 49 ares, on mid-slope, in the heart of the climat. The vines are 40 years old on average. The climat was already classified deuxième cuvée in the book by Docteur Jules Lavalle, Histoire et statistique des grands vins de la Côte d’Or (1855).

A lovely baby to pamper!

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Chassagne-Montrachet 1er Cru Chenevottes. A climat that I particularly like; for me combining two essential qualities for a white Burgundy, tautness and delicacy, far from these over-opulent standards tiring our palates. Add to that, a proven ageing potential when the parcel is guided by Caroline. I have had the chance to taste almost all the vintages since 1994 and never had to pronounce the word « premox », see!

 

I decide, straight away, that the future birth of this vine child must take place under my very eyes, and that I will accompany this future baby from the harvest to the bottle, with regular journeys on site. The Domaine Jean-Noël Gagnard has my entire trust of course. I am the one who has to prove that my name deserves to appear on this future label. I have to earn my stripes, as a young viticultural lieutenant, and it means showing my credentials, accepting to keep a low profile, to leave the more experienced ones in the light, while being present, attentive, and if possible a little useful.

 

Up to that point, quite an exciting perspective. Yet, I have only seen the best in my lovely projection of future guardian angel of the Burgundy Chardonnay. I have forgotten that viticulture calls for virtues far from my everyday life – patience and distance. Blinded by my naïve dreams, I come back to reality when the 27th of April, the black frost severely hits the vineyards of Burgundy.

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My baby’s shaking, weakened by the cold. I decide to go on site to assess the damage, and the Chenevottes is particularly bruised. Mother nature’s black hand has taken life in a few hours and killed hundreds of young shoots ready to embrace their vegetative and fruitful destiny. Caroline reassures me. There will not be much wine, but it can still be excellent. The adage says that June makes quantity while September makes quality. Unfortunately, in 2016, in terms of volume, the dies were cast long before summer.

 

Spring passes and I continue to scrutinise the gloomy weather and to damn the dark and morose sky. The fate and elements are against me. This succession of grey and rainy days also rhyme with disease pressure for my vines, truly not spared in 2016. A spring that will never settle leaving both man and plant in a lack of sun, light, and heat.

Summer is more generous, but the nightmare is not over; on the 14th of July, the sky falls on Chassagne-Montrachet once again. A violent hailstorm for the bank holiday, all but festive this year. If certain parcels are severely damaged, I must confess, with a bit of shame, that from a selfish point of view, I am reassured, this time, my Chenevottes has been spared. The summer period continues more peacefully, but 2016 has decided to be the year of paradoxes as a heatwave settles for the end of August and the beginning of September. After humidity and cold, heat and water-stress. Hate rain, and then hope for it. Fortunately, precipitations arrive mid-September, when they are really needed and without excess. Rain cools down the atmosphere and rehydrates the earth and the vines. Then, it gives way to perfect weather, sunny but not too hot, for the harvest.

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Caroline was right. If volumes are reduced, 2016 will surely be a happy surprise after all these jolts. A vintage saved of everything, damned and finally maybe delightful in our glasses. The grapes are healthy, the bunches have a lovely golden tint, the skins are ripe, and the juice is fresh and tasty. If 2016 will not feed the vinegrower, it seems that our tasting buds will be much more spoiled.

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The barrels are now filled. The wine has embarked for quiet maturation, a journey at the land of lees and micro-oxygenation. A well-deserved rest, for a few months after this exhausting climatic saga. The Grapes of Wrath, 2016, a child in danger, a survivor, a beautiful adventure.

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Let’s wait for a few years and then uncork the Chassagne-Montrachet 1er Cru Chenevottes. Through a few magnums, I will recall the wait, the expectation, the tension, the distress and finally the joy. Then, I will forget everything, while sniffing my glass of wine.

 

 

Janvier 2016. Lors d’une visite à Chassagne-Montrachet mon amie viticultrice, Caroline Lestimée du domaine Jean-Noël Gagnard me propose de produire une cuvée estampillée de nos deux noms. Surpris et particulièrement honoré par cette proposition inattendue, qui plus est venant d’une vigneronne aussi talentueuse et respectée, je suis immédiatement emballé par le projet. L’idée fait vite son chemin et, après avoir insisté lourdement je dois l’admettre quant à l’heureux élu à savoir la parcelle choisie, nous décidons d’un commun accord que cela sera le Chassagne-Montrachet 1er cru Chenevottes. Format magnum bien sûr. Contenant festif à l’allure imposante, qui appelle l’occasion et vieillit sagement dans les caves.

Carte d’identité de notre Chenevottes : climat situé au Nord du village, côté Saint-Aubin. Terroir en légère pente, au microclimat frais pour l’appellation. Altitude moyenne de 230 mètres. Exposition nord-est. Sol plutôt profond, argileux et riche en oxyde de fer (oolithes ferrugineux).  La parcelle du domaine Gagnard s’étend sur 49 ares, à mi hauteur, au cœur du climat. Les vignes ont une quarantaine d’années en moyenne. Un climat déjà classé deuxième cuvée dans l’ouvrage du Docteur Jules Lavalle, Histoire et statistique des grands vins de la Côte d’Or (1855).

Un bien joli bébé à bichonner !

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Chassagne-Montrachet 1er cru Chenevottes. Un climat Bourguignon que j’affectionne particulièrement, qui combine pour moi deux qualités essentielles pour un blanc de Bourgogne, la tension et la délicatesse, loin de ces standards trop opulents qui fatiguent vite le palais. Ajoutons à cela un certain recul quant au potentiel de garde de cette parcelle, lorsqu’elle est guidée par Caroline, ayant eu le plaisir de déguster quasiment tous les millésimes depuis 1994 sans jamais avoir eu à prononcer le mot « premox », c’est dire.

 

Je décide aussitôt que le futur accouchement de cet enfant des vignes doit se faire en ma présence, qu’il faudra accompagner ce futur bébé, de la vendange à la bouteille en me rendant sur place très régulièrement. Le domaine Jean-Noël Gagnard a bien sûr ma confiance absolue, c’est au contraire à moi de prouver que mon nom mérite de figurer sur cette future étiquette. Je dois gagner mes galons de jeune lieutenant viticole et cela veut dire montrer patte blanche, accepter de me faire tout petit en côtoyant l’expérience, tout en étant présent, attentif et si possible un rien utile.

 

Jusque là perspective grisante et je n’ai vu que le meilleur, dans ma projection enchantée de futur ange gardien du chardonnay Bourguignon. J’oublie bien vite que la viticulture demande des vertus souvent éloignées de mon quotidien, la patience et le recul. Bercé par mes rêves naïfs, je reviens à la réalité lorsque le 27 avril, le gel noir frappe sévèrement le vignoble Bourguignon. Mon bébé vacille, terrassé par le froid. Je me rends sur place pour constater les dégâts et les Chenevottes sont particulièrement touchées. La main noire de dame nature, a ôté la vie en quelques heures, à tant de bourgeons prêts à embrasser leur destin végétatif et fructifère. Caroline me rassure.  Il y aura peu soit mais cela sera peut-être très bon. Le vieil adage dit que juin fait la quantité et septembre la qualité. En 2016, en matière de volume, les dés étaient malheureusement jetés bien avant le début de l’été.

 

Le calendrier printanier passe et je continue à scruter une météo maussade, à maudire ce ciel sombre et morose. Malédiction, le destin s’acharne, les éléments sont décidément contre moi. Succession de journées de grisaille et de pluie synonymes de pression maladie pour une vigne qui n’aura décidément pas été épargnée. Un printemps qui ne s’installera finalement jamais, laissant tant l’homme que la plante en manque de soleil, de luminosité et de chaleur.

L’été est plus clément, mais le cauchemar n’est pas fini puisque le 14 juillet, le ciel frappe à nouveau Chassagne-Montrachet. Un orage de grêle vient marquer ce jour férié, tout sauf festif en 2016. Si certaines parcelles sont sévèrement touchées, je dois avouer, un peu honteux, que je suis égoïstement rassuré, cette fois mon Chenevottes est épargné.

catastrophe naturelle dans les vignes

La période estivale se poursuit plus tranquillement, mais 2016 a décidément choisi d’être une année pleine de paradoxes, puisqu’une vague caniculaire s’installe fin août et début septembre. Après humidité et froid, chaleur et stress hydrique. Détester la pluie avant de l’espérer à nouveau. Fort heureusement elle arrive mi septembre, à point nommé et sans excès. Elle rafraichit et réhydrate avant qu’une météo douce et ensoleillée ne s’installe pour les vendanges.

 

Caroline avait raison, si la charge en raisin est faible, 2016 sera sûrement une heureuse surprise après tant de soubresauts. Un millésime sauvé de tout, maudit puis finalement peut être savoureux dans nos verres. Les raisins sont sains, les grappes dorées, les pellicules mûres et les jus frais et goûteux. Si 2016 ne nourrira pas le vigneron, il semblerait que nos papilles soient nettement plus gâtées.

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Les fûts sont pleins, le vin a embarqué pour une lente maturation, un voyage au pays des lies et de la micro oxygénation. Un repos de quelques mois, bien mérité, après cette saga climatique éreintante. Les raisins de la colère, 2016, un enfant en péril, rescapé. Une aventure au rythme de la nature, cruelle souvent, mémorable pourtant.

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Rendez vous dans quelques années, pour déboucher le Chassagne-Montrachet 1er cru Chenevottes. A travers quelques magnums je me souviendrais de l’attente, du stress, de la détresse et finalement de la joie. Puis, j’oublierais tout, en humant mon verre vin.