The beauty of the terms used to convince a public of the complexity and the subtlety of wine, or how to render even more inaccessible this pure pleasure given by our wines and filling the hearts of revellers. Is there a universal language to talk about wine? Do all these terms used by the wine professionals (I plead guilty) or the experienced tasters to describe the by-product of grape fermentation have true resonance and signification for a broad public? A proper and definite lexicon to describe wine, a multitude of fancy terms which help, guide, orientate? I am sceptical.

 

The universal language of wine is and should remain the language of pleasure. If wine production is a technical topic requiring an adapted vocabulary, a tasting comment is a transcription of sensations and emotions, an exercise by nature subjective for which a personal language seems appropriate.

Close up of female hands writing notes at wine tasting.

However, the latent snobbism accompanying wine and its dialect seems well-anchored in our modern societies. Wine as a status, a luxury item, a distinctive drink reserved to certain social classes, as a proof of a level of education, of sophistication. A reality since the Greeks and the Romans. The pleasure of a great wine results from the perception of gustatory subtleties, produced by the expression of a grape, of a terroir and guided by an ambassador, the wine grower. Yet, the subtlety of the message is not conditioned by a terminology, by an expert dialect which is considered to condition better understanding. The message of wine appeals to the senses, the brain then comes into play and translates, and the translation is facilitated when the sensations are recurrent, when the tasting memory works. Sensation becomes perception, and it is then easier for the brain to decrypt. A mechanism precisely explained by Emile Peynaud in his book “The Taste of Wine”.

 

However, does the translation of the brain need to be subtitled? It is a business, so yes, it seems useful. Let me explain. If the language is as inaccessible as the drink itself, the subtitles, in other words, the helpful hand of the guardian of the temple, is essential. These “dreamsellers” who are hard to follow but sound so lyrical when they speak about wine.

Wine then remains a private hunting ground that only very few can understand and translate, comment, describe and explain. How to intimidate wine amateurs, to explain to them that their too simple vocabulary is not appropriate, that it lacks the necessary precision. Extra pressure, adding to the pressure of the classifications, the numerous grape varieties, the labels, the terroirs, the wine estates and the wine and food pairings.

Creating the inferiority complex around wine while it is a drink to share, a vector of joy and pleasure, what a paradox! The burden of wine, the spectre of snobbism, of how to forget joviality, exchange to promote social or intellectual superiority.

 

As a wine teacher, I am often surprised by the relevance of beginners’ wine descriptions. The terms are different, but spontaneity often acts as a guarantee of precision. The senses are the safeguards, the guarantors of the result, and we can trust them. Same observation when the consumer chooses his wine in front of the shelves. Not too dry and fruity does not necessarily mean sweet. A contradiction? Let’s listen to our senses and let’s forget the theory and the amount of residual sugar. Chardonnay or Viognier indeed taste fruitier than a Sauvignon Blanc from the Loire Valley. The translation of the senses is worth the fanciest terms. It is the language of perception, the semantic of our tasting buds.

 

Speaking of wine is a skill, an exercise which sometimes charms the ear, but it is certainly not art. The artist produces, creates, he is not the translator, the narrator. The supreme skill, in that case, would be to use a language that speaks to everyone, to avoid the pitfall of complication. To give information without giving a headache. And language is not always necessary to talk about wine. Colours, music or even silence can also be great allies.

 

Two glasses of red wine, candles, and sheet music

Wine sometimes speaks, for certain, through its tannic frame, its oxidative character, its reduction, its piercing acidity, its unctuosity or its persistent sapid finish. It is also sometimes simply affable, joyful, round or fruity and we will have another glass.

 

 

 

 

La beauté des termes pour convaincre un public de la complexité et de la subtilité du vin ou comment rendre encore plus inaccessible ce plaisir simple qui remplit nos verres et le cœur des ripailleurs. Y-a-t-il un langage universel pour parler du vin ? Tous ces termes usités par les professionnels (je plaide coupable) ou amateurs aguerris pour décrire le produit du raisin fermenté ont ils une résonnance et une signification pour tout un chacun ? Un lexique propre et spécifique pour la description du vin, une multitude de termes savants qui aident, guident, orientent. Je suis sceptique.

 

Le langage universel du vin est et doit rester celui du plaisir. Si la production de vin est un sujet technique qui requiert un vocabulaire adapté, lors d’un commentaire de dégustation nous sommes dans la retranscription de sensations et d’émotions, un exercice par nature subjectif ou un langage personnel semble de mise.

Wine Tasting

Pourtant ce snobisme latent qui accompagne le vin et son dialecte semble encore bien ancré dans nos sociétés modernes. Le vin comme statut, produit de luxe, faire valoir d’une classe sociale, d’un niveau d’éducation, d’une subtilité et ce depuis les grecs et les romains. Le plaisir d’un grand vin résulte de la perception de subtilités gustatives, issu de l’expression d’un raisin, d’un terroir et d’un ambassadeur, le vigneron. Pour autant la subtilité du message n’est pas conditionnée par des terminologies, un dialecte d’expert qui permettrait de mieux comprendre. Le message du vin appelle les sens, le cerveau vient ensuite traduire et la traduction est simplifiée lorsque les sensations sont récurrentes, lorsque la mémoire gustative travaille et se rappelle. La sensation devient perception et le cerveau traduit plus facilement. Un mécanisme qu’Emile Peynaud expliquait avec précision dans son ouvrage « le Goût du Vin ».

 

Pour autant la traduction du cerveau a-t-elle toujours besoin de sous titres ? C’est un commerce, donc cela semble utile. Je m’explique. Si le langage est aussi inaccessible que la boisson elle même, le sous titre, en d’autres termes l’aide des gardiens du temple, est indispensable. Ces vendeurs de rêves que l’on a beaucoup de mal à suivre mais qui semblent si poétiques.

Le vin reste alors une chasse gardée, que seuls quelques uns peuvent réellement comprendre et surtout traduire, commenter, décrire, expliquer. Comment intimider tout amateur de vin, lui expliquer que son vocabulaire simple n’est pas adapté, ne fait pas le poids face à la précision requise. Une pression supplémentaire qui vient s’ajouter aux classements, aux cépages, aux étiquettes, aux terroirs, aux domaines et aux accords mets et vins.

Créer le complexe pour une boisson de partage et de plaisir comme un superbe paradoxe. Le boulet du vin, le spectre de ce snobisme toujours présent qui oublie la jovialité, l’échange, pour créer la distinction sociale ou intellectuelle.

 

En tant que professeur je suis souvent étonné par la justesse et la pertinence des descriptions de néophytes. Les termes sont différents mais la spontanéité est souvent gage de précision. Les sens sont parfois les garants du résultat et nous pouvons leur faire confiance.

Même constat face aux rayons lorsque le consommateur choisit son flacon. Pas trop sec et fruité ne signifie pas nécessairement sucré. Une contradiction ? Laissons nos sens parler et oublions le théorique et le taux de sucre résiduel. Un Chardonnay ou un Viognier semblent effectivement plus fruités qu’un Sauvignon de Loire. La traduction des sens vaut tous les termes sophistiqués. C’est le langage de la perception, la sémantique de nos papilles gustatives.

The old studio writer on a wooden background.

Parler du vin peut-être une compétence, un exercice qui charme parfois l’oreille, ça n’est certainement pas un art. L’artiste est celui qui produit, qui créé et non le colporteur. La compétence suprême en l’occurrence serait de parler un langage qui transmet à tous, qui évite l’écueil de la complication, qui donne du contenu sans donner mal à la tête. Parler des vins ne fait d’ailleurs pas nécessairement appel uniquement au langage. Les couleurs, la musique et parfois même le silence peuvent être autant d’alliés.

 

Le vin s’exprime parfois, pour certains par sa trame tannique, son caractère oxydatif, sa réduction, son acidité perçante, son onctuosité, sa longue finale sapide. Il est parfois aussi tout simplement affable, joyeux, rond ou fruité et pour autant on ne manquera pas de reprendre un second verre.