Precision and viticulture. How to associate the artist and the scientist, how to combine the empirical and the theory, how to match intuition and calculation? Yet, certain modern equipment and new technologies are said to be able to achieve such a feat in a field in which experience and observation remain the best allies.

Precision viticulture – behind this terminology you can find a myriad of new tools such as aerial mapping, hemispherical pictures and remote sensing.

Technology as a user manual, able to predict, anticipate, understand and optimize. A great promise or a nice marketing speech? Optimisation and the production of great wines, two goals that don’t sound compatible. After all, the real question is the function of the vine grower. Is he an artist or a robot, a farmer or a laboratory assistant analysing figures and records?

 

Laboratory Instruments

What about the aim of viticulture, is it to produce the best wine at all costs or to look for the most productive and the most profitable?

 

Precision viticulture relies on a rather simple assumption: you have to consider the variability within a vineyard because it is composed of a multitude of tiny parcels, for as many microclimates, physiological vine reactions, phenological cycles, etc. Each zone in a vineyard must be considered independently according to its response to its immediate environment and every season. In other words, all the vines react differently and farming a vineyard means considering each vine to reduce the variations and obtain the best result. What news! Greek grape growers and even the first vine farmers in Mesopotamia are surely rolling over in their graves. The modern man, with his scientific lights, is revolutionising the viticultural world, he has finally understood what has made no doubt for 5000 years and he is re-explaining it with a professorial tone.

 

Each plant reacts differently to an environment because we are dealing with vegetal material, living matter, evolving in a living environment, in perpetual movement.

The fact that Science can provide certain answers, can assist the vine grower and sometimes facilitate his task, cannot be denied. However, to assert that a fine understanding of a vineyard relies on aerial maps, satellite pictures, remote cameras and hydric records seems far less obvious.

Numbers, pictures of the canopy, detailed analyses of phenological cycles (date of flowering, fruit set or veraison) and of the hydric status of a given zone would be the ultimate answers for a more adapted, more effective and more respectful viticulture.

The truth is that this technological set of tools first serves the maximum yield, in very extenstive vineyards in which volume is more important than the search for the best. Good and a lot, ok, but what about great if you do not produce much? Not that sure.

To reduce the variations by definition responds to a logic of volume. The vine grower who likes his plants and looks for producing emotion will, on the contrary, exploit these variations, create harmony in the diversity, not in the standard.

 

Trying to cut a vineyard into pieces, to understand all the sub-parcels to adapt the viticultural techniques already means that the vineyard is large. The interest for an already fragmented and tiny plot seems much more limited. Burgundy and its climats, Barolos and its crus, the Northern Rhone and its small granitic terraces and all the other tiny vineyards all around the world are far from this reality. Do they need above all men’s intuition or the precision of figures and records?

Aerial view to green fields with geometric pattern. Agricultural landscape in Czech Republic. Agriculture in European Union.

Thinking that wine can be produced without analysing, without precision and meticulousness, is an illusion of course. Yet, precision does not necessarily mean « all technological ». Being precise in viticulture rather means looking, listening, smelling, in other words using your senses to gain a better understanding of the vegetal and to bring the best answers to an ever-moving nature. It is accepting Science as a potential support but without always taking the easy way. Staying warm in front of a piece of paper is less exhausting than walking in the vineyard, one’s mud-caked boots, in the pouring rain. However, every passionate farmer knows that nature is like a child, most of the time, it gives you back what you have given to Her.

 

The Burgundy monks would probably laugh if they heard that lovely modern story, that tirade in the land of Science, explaining that the solution comes from the paper and not from the spade. Great wines have not waited for Science to flatter the palates of our elders.

Precision in viticulture, nice words, a beautiful phrasing. Let’s forget the modern vine grower’s textbook and the song of technology, especially if the grapes are beautiful.

 

 

 

 

 

 

 

Précision et viticulture. Comment associer l’artiste et le scientifique, l’empirique et la théorie, l’intuition et le calcul ? C’est pourtant ce que certains équipements modernes seraient capables de faire, prouesse étonnante dans un domaine où l’expérience et l’observation restent les meilleurs alliés.

Viticulture de précision, derrière cette terminologie, se cache une myriade de nouveaux outils, de la cartographie aérienne, à l’imagerie hémisphérique, en passant par la télédétection par satellite ou l’installation de capteurs et autres sondes. La technologie comme mode d’emploi, capable de mieux prévoir, d’anticiper, de comprendre et donc d’optimiser. Une belle promesse ou un joli discours marketing ? Optimiser et produire un grand vin, deux notions qui semblent pourtant dichotomiques.

La véritable question c’est finalement la fonction du viticulteur. Artiste ou robot, fermier ou homme de laboratoire, de bilans et de chiffres ? Quant à la finalité de la viticulture, est-ce chercher le meilleur à tout prix ou chercher le plus productif et le plus rentable ?

 

Cette viticulture de précision repose sur un postulat finalement assez simple, il faut considérer la variabilité au sein d’un vignoble puisque celui ci est composé d’une multitude de minuscules parcelles pour autant de microclimats, de réactions physiologiques des vignes et de cycles phénologiques. Chaque zone d’un vignoble doit être considérée de façon indépendante, en fonction de ses réactions à un environnement et ce chaque saison. En d’autres termes toutes les vignes ne réagissent pas de la même manière et s’occuper d’un vignoble c’est un traitement au cas par cas pour réduire les variations et obtenir un meilleur résultat. En voilà une nouvelle ! Les vignerons Grecs et même les premiers viticulteurs en Mésopotamie doivent se retourner dans leur tombe. L’homme scientifique moderne est en train de révolutionner le monde de la viticulture, il a enfin compris et nous explique avec un ton professoral ce qui ne fait aucun doute depuis près de 5000 ans.

 

Chaque plante réagit différemment à un environnement, puisque par définition nous parlons de matériel végétal, donc de matière vivante, qui évolue dans un environnement vivant, en mouvement.

Que la science puisse apporter son lot de réponse, seconder le vigneron et lui faciliter parfois la tâche ne se conteste pas. Que la compréhension fine d’un vignoble passe avant tout par des cartes aériennes, des images satellites, des caméras, des bilans hydriques et autres résultats chiffrés est bien moins évident. L’analyse chiffrée ou imagée de la surface foliaire, des cycles phénologiques (date de floraison, de nouaison ou de véraison), du statut hydrique d’une zone donnée, seraient les réponses ultimes pour une viticulture plus adaptée, plus efficace, plus respectueuse.

La vérité c’est aussi que cette batterie technologique est en premier lieu au service du rendement maximum, dans des vignobles très étendus où le volume passe souvent avant la recherche de la meilleure qualité. Bon et beaucoup, soit mais grand même si on produit peu ? Rien n’est moins sûr.

Réduire les variations répond par définition à une logique de volume. Le vigneron qui aime ses plantes et cherche l’émotion va bien au contraire exploiter ces variations, créer l’harmonie dans la variété pas dans le standard.

Chercher à découper un vignoble, à comprendre toutes les sous parcelles pour adapter ses techniques de viticulture sous entend déjà que ce vignoble est vaste. L’intérêt pour un vignoble déjà très morcelé, semble en effet fort limité. La Bourgogne et ses climats, Barolo et ses crus, le Rhône septentrional et ses petites terrasses granitiques et tous les autres vignobles de poche au quatre coins du monde sont bien loin de cette réalité. Ont-ils besoin avant tout de l’intuition de l’homme ou de la précision du bilan et du chiffre ?

 

Pensez que le vin se fait sans réfléchir, sans analyse, sans minutie, est bien sûr illusoire. Pour autant précision ne veut pas forcément dire « tout technologique ». Etre précis en viticulture c’est plutôt regarder, écouter, sentir, bref faire appel à ses sens pour mieux comprendre le végétal et apporter les meilleures réponses à une nature en mouvement. C’est accepter la science comme soutien sans pour autant céder aux sirènes de la facilité. Rester au chaud devant une feuille de papier est moins éreintant que de parcourir son vignoble les bottes pleines de boue, sous une pluie battante. Pourtant tout agriculteur passionné sait que la nature est comme un enfant, elle vous rend bien souvent ce que vous lui avez donné.

 

Les moines Bourguignons se gausseraient sûrement en entendant cette belle histoire moderne, cette tirade au pays de la science, qui veut que la solution vienne du papier et non de la bêche. Les grands vins n’ont pas attendus la science pour flatter le palais de nos ancêtres.

La précision en viticulture, un joli mot, une belle formule. Oublions un peu le manuel du vigneron moderne et le chant de la technologie, surtout quand le raisin est beau.