The greatness of a terroir is sometimes obvious. A favourable geographic situation, an ideal exposure, auspicious topographic and geological conditions. A parcel waiting for the vine, ready to embraces its viticultural destiny. The story of the now mythical Vosne-Romanée 1er Cru Cros Parantoux is entirely different. Refinement and distinction were born there thanks to the vision and the inspiration of a single man.

 

A field of Jerusalem artichoke as it was called by Jacky Rigaux. An unexploitable heap of stones as the wagging tongues liked to describe it.

We must admit that the evidence was not eye-catching. A tiny parcel of 1,01 hectares, almost completely abandoned to its bucolic fate, furthermore exposed North-East, with a rather cold microclimate and a particularly compact soil. This small plot, the exclusive property of Madame Noirot-Camuzet had done nothing to seduce its future benefactor. Yet, this telluric coldness and this stony austerity have inspired a vine grower, Henri Jayer, as if they were promises of complexity and depth. WW2 had just ended when he decided to start replanting the heap of stones.

Cros parentoux vigne

The beginning of the climb to the summits was already quite explosive as Henri Jayer had to use some 400 dynamite sticks to achieve his goal and to put the viticultural vegetal back in the heart of the climat. A soil composed of a shallow layer of clay and limestone over a bed of rock, which gave more than a headache to its new guardian angel.

Soon convinced of the qualitative potential and of the noble expression of the wines produced there, Henri Jayer, a tenant farmer of the Domaine Meo Camuzet soon decided to purchase (he started doing so in 1951) the majority of the plot, in order to ultimately own a total surface of 71,5 ares.

He patiently pampered his vineyard, and when he considered that the age of reason was reached, in 1978, he bottled his first Henri Jayer cuvée.

 

The rest of the story you probably know quite well. The purity, the fruit fullness and the accuracy of Henri Jayer’s wines have seduced the enlightened amateurs and the most demanding palates. The field of Jerusalem artichoke became a tasting Grail.

When Henri Jayer joined the stars, after contributing so much for Burgundy and more broadly speaking for wine, his nephew Emmanuel Rouget continued to look after this unique terroir with the same talent and dedication. Generations pass, distinction remains.

 

I have had the great pleasure to taste several times the wines from this resuscitated parcel and the myth is justified. These wines are fantastic ambassadors of the Burgundy Pinot Noir. Tasting a Cros Parantoux is a real pilgrimage for every Burgundy lover. It unlocks the mysteries of this apparent austerity. A cold wine, yet delivering a fruit of unrivalled purity, gaining its distinction from its peaceful power, its fresh, tart fruit persistence and its everlasting youth.

Cros Parentoux 1992

The wines resemble their genitors. Henri Jayer had strong convictions and was a determined man, but he was also a vine grower who liked to share, to exchange, to explain and to help. His wines are the best pieces of evidence.

I can also testify to that. Some fifteen years ago, right before my professional wine conversion, I picked up my phone to gather the advice of this great vine grower that I admired so much. While he could have elegantly refused to exchange with an unknown intruder (many would have done so), Henri Jayer took the time to listen and to provide wise and precious recommendations that I still have in mind.

 

The Vosne-Romanée 1er Cru Cros Parantoux is an exception, a fortunate inspiration, a distinctive climat, due to its history and its cold strength. The precision of the fruit still lives in a cellar of Flagey-Echezeaux and through few bottles quietly and patiently sleeping.

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Let’s salute once more the passion, the instinct, the vision and the dedication. A great terroir and a great wine, yes, but thanks to particularly inspired hands.

 

 

 

 

 

 

Un grand terroir est parfois comme une évidence. Une situation géographique propice, une exposition privilégiée, des conditions topographiques et géologiques favorables. Une parcelle qui vous tend les bras, appelle la vigne, embrasse son destin viticole.

L’histoire du désormais mythique Vosne-Romanée 1er cru Cros Parantoux est toute autre. Le raffinement et la distinction sont nés ici grâce à la vision et l’inspiration d’un homme.

 

Un champ de topinambour comme l’avait désigné Jacky Rigaux. Un tas de cailloux inexploitable comme les mauvaises langues aimaient à le décrire à l’époque.

Il faut reconnaître qu’à première vue l’évidence ne sautais pas aux yeux. Une petite parcelle de 1,01 hectares en friche, presque abandonnée à sa destinée champêtre, exposée Nord-Est qui plus est, au microclimat plutôt froid et au sol particulièrement compact. Ce tout petit climat bourguignon, propriété exclusive de Madame Noirot-Camuzet n’avait rien fait pour séduire son futur bienfaiteur.

Pour autant cette froideur tellurique et cette austérité rocailleuse ont inspiré un vigneron, Henri Jayer, comme autant de promesses de plénitude et de complexité. La seconde guerre mondiale vient de se terminer quand il décide d’entreprendre la replantation du tas de cailloux.

Cros Parentoux

Une marche vers les sommets déjà bien explosive puisqu’Henri Jayer utilisera quelques 400 bâtons de dynamite pour arriver à ses fins et remettre le végétal viticole au cœur du dit climat. Un sol constitué d’une fine couche d’argile et de calcaire sur un lit de pierre qui donnera bien du fil à retordre à son nouvel ange gardien.

Très vite convaincu du potentiel qualitatif et de la noblesse des vins produits ici, Henri Jayer, métayer du domaine Méo Camuzet rachète progressivement (à partir de 1951) la majorité de la parcelle pour une superficie totale au final de 71,5 ares.

Il bichonne patiemment son lopin de vigne et lorsqu’il estime que l’âge de raison est atteint, en 1978, met en bouteille la première cuvée à son nom.

 

La suite de l’histoire beaucoup d’entre vous la connaisse. La pureté, la plénitude de fruit et la justesse des vins d’Henri Jayer aura vite fait de séduire les amateurs éclairés et les palais les plus exigeants. Le champ de topinambour devient un véritable Graal gustatif.

Lorsqu’Henri Jayer tire sa révérence, après avoir donné tant à la Bourgogne et au vin, son neveu Emmanuel Rouget prend le relais au service de ce terroir unique. Les générations passent, la distinction est toujours là.

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J’ai eu l’immense plaisir de déguster à plusieurs reprises les vins issus de cette friche ressuscitée et le mythe n’est pas usurpé, ce sont de merveilleux ambassadeurs du Pinot Noir bourguignon. Déguster un Cros Parantoux c’est un véritable pèlerinage pour tout amoureux de Bourgogne. C’est percer les mystères de cette austérité apparente. Un vin froid qui délivre pourtant un fruit d’une pureté exemplaire, se distingue par sa puissance tranquille, sa persistance acidulée et cette impression d’éternelle jeunesse.

 

Les vins ressemblent à leur géniteur. Henri Jayer était un homme convaincu, déterminé, mais aussi un vigneron qui aimait partager, échanger, transmettre. Ses vins en attestent.

Je peux aussi témoigner ayant un jour décroché mon téléphone, à l’aube de ma reconversion professionnelle pour recueillir les conseils de ce grand vigneron que j’admirais tant. Alors qu’il aurait été simple de m’éconduire poliment (et que beaucoup l’auraient sûrement fait), Henri Jayer a pris le temps de m’écouter et de distiller quelques précieuses recommandations que j’ai encore à l’esprit.

 

Le Vosne-Romanée 1er cru Cros Parantoux est une exception, une heureuse inspiration, un climat différent, par son histoire et sa force froide. Cette justesse de fruit vit toujours dans un chai de Flagey-Echezeaux et à travers quelques flacons qui dorment sagement dans des caves.

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Saluons une dernière fois la passion, l’instinct, la vision et la persévérance. Un grand terroir et un grand vin, oui, mais grâce à des mains particulièrement inspirées.