« A unique herbicide. 40 years ago Monsanto’s researchers invented Glyphosate, the active substance of the Roundup products. Immediately revolutionary, Roundup remains the first herbicide in the world.”

A beautiful product presentation which can be found on the website of Monsanto, a wealthy American company specialised in agricultural biotechnologies. Turnover (also according to the website) 13,5 billion € in 2012 for over 21 000 employees.

A worldwide success, built mainly on the commercialisation of this magical herbicide, sold to farmers all around the world, including of course numbers of vine-growers. Roundup has indeed become the best-selling herbicide in the world.

 

A magical product?  Well not really. Roundup is a systemic weed killer, which penetrates the vascular system of the plants. It is transported by the plant’s sap and moves from the point of penetration to the growing parts and extremities of the plant. Its efficiency is thus maximised even when its application is localised. The amount of time saved and greater effectiveness are the major assets of the product, plainly explaining its worldwide success.

However, Roundup is also said to be an eco-toxicological, irritating and potentially carcinogenic product. Since the beginning of the 2000s, numerous research projects and reports have indeed confirmed the significant risks associated with the use of this product, both for men and for nature. The US Environmental Protection Agency, the International Research Agency on Cancer, the University of Caen, INRA, etc. all agree on the fact that using the weed-killer is associated with several potentially harmful effects. Let’s list a few of them: congestion of the lungs, kidney damage, consequences for cell division, adverse effects on animal reproduction.

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A survey carried out by INRA in 2014 has also demonstrated the damaging effect of Roundup on the bees, which lose – once in contact with the product – their sense of direction, don’t find their hive and ultimately die.

Let’s add to all these pieces of evidence the fact that the Monsanto company was sued and declared guilty of false advertising twice because it was stating that Roundup was a product presenting no risks for the environment.

 

I am not a scientist, so I can neither declare nor demonstrate that Roundup is as harmful as it is said to be. Nonetheless, if we have so many doubts, it seems clear to me that it should be more than enough to build a convincing case, to sit around a table and to stop playing with our health and with the environment.

 

Petitions against the herbicides have been recently signed by tens of thousands of people. Additionally, Segolene Royal, the French Minister of Environment proudly declared a few months ago that « France would opt for the most protective solution for the environment ». A beautiful promise before a European summit planned on June 29 and supposed to put an end to the Roundup debate.

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What finally happened on June 29? The European Commission decided to extend for 18 months the authorization to use Glyphosate! This brave decision, soon eclipsed by the Brexit, was justified notably by members’ refusal to take their responsibilities, France in the lead – it abstained from the vote. The commercial diplomacy has suddenly become more important than environmental stakes.

 

Let’s add the last touch of colour to the picture, with the recent negotiations for the purchase of Monsanto by the chemical and pharmaceutical giant Bayer, with its billions of € (the first offer of 55 billion € has been refused). It’s hard not to suspect a correlation.

 

If today’s column may look like a digression, let’s recall that our lovely vineyards and the vine-growers all around the world are also concerned by this debate, which goes far beyond the single Roundup brand. If this particular herbicide is currently in the limelight, according to the magazine l’Express, Glyphosate is said to be a component in some 739 other products used in agriculture and viticulture.

 

While certain people are, unfortunately, calling into question the idea of a united and strong Europe, Europe of Roundup, a bureaucratic, motionless one, incapable of making decisions is not the one we’ve dreamt of. I remain a Euro-enthusiast because I believe that unity is strength. Yet the force of conviction of our politicians has not, so far, won the Roundup battle. A simple battle? You can’t see the woods for the trees. Roundup is far from being an isolated case, and it is our health, our children’s health, our world, our ecological legacy that are threatened.

 

 

 

 

« Un produit herbicide unique. Il y a 40 ans les chercheurs de Monsanto inventaient le Glyphosate, substance active des produits Roundup. Révolutionnaire dès sa sortie, Roundup reste le premier herbicide au monde ».

Une bien belle présentation que l’on trouve sur le page du site Monsanto, entreprise Américaine prospère spécialisée dans les biotechnologies agricoles. Chiffre d’affaires (toujours d’après leur site) 13,5 milliards de $ en 2012 pour quelques 21 000 salariés.

Un succès planétaire, construit en grande partie sur la vente de cet herbicide miracle auprès des agriculteurs du monde entier et bien sûr aussi de nombre de viticulteurs. Roundup serait en effet devenu l’herbicide le plus vendu au monde.

 

Produit miracle, il faut le dire vite. Roundup est un herbicide systémique, qui pénètre dans le système vasculaire des plantes. Il est véhiculé par la sève et se déplace du point de pénétration jusqu’aux points de croissance, ce qui maximise son efficacité même lorsque l’application est localisée. Gain de temps et grande efficacité sont donc les principaux atouts qui ont construit le succès mondial de ce produit magique.

Oui mais voilà, le Roundup serait aussi un produit écotoxique, irritant et probablement cancérigène.

Les études se succèdent depuis le début des années 2000 et confirment les risques majeurs associés à l’utilisation de ce produit, tant pour la nature que pour l’homme. L’Agence Américaine de protection de l’environnement, le Centre International de Recherche sur le Cancer, l’Université de Caen, l’INRA etc. s’accordent tous sur le fait que l’utilisation de ce produit est associée à de nombreux effets nocifs potentiels. Citons-en quelques uns en vrac : congestion des poumons, endommagement des reins, affection de la division des cellules, effets négatifs sur la reproduction animale.

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L’étude de l’INRA réalisée en 2014 aurait également démontré l’effet néfaste du Roundup sur les abeilles, qui perdant le sens de l’orientation ne retrouvent plus leur ruche et finissent par périr.

Ajoutons à toutes ces pièces à conviction le fait que la société Monsanto ait été condamnée deux fois pour publicité mensongère, lorsqu’elle indiquait que le Roundup était un produit sans risque pour l’environnement.

 

Je ne suis pas un scientifique et ne peux donc affirmer chiffres à l’appui que le Roundup est aussi nocif qu’on le dit. Quoi qu’il en soit, s’il y a autant de doutes il me semble que cela devrait largement suffire pour monter un dossier solide, se mettre autour d’une table et arrêtez de jouer avec notre santé et celle de notre environnement.

Des pétitions contre l’herbicide ont été signées récemment par des dizaines de milliers de personnes. En parallèle, Ségolène Royal, Ministre Française de l’environnement annonçait non sans fierté il y a encore quelques mois que « la France s’alignerait sur la position la plus protectrice de l’environnement ». Une bien belle promesse, avec en ligne de mire un sommet européen prévue le 29 juin dernier, qui devait sonner le glas de l’utilisation de ce produit douteux. Que s’est il finalement passé ce 29 juin ? La Commission Européenne a prolongé pour une période de 18 mois, l’autorisation d’utiliser le Glyphosate ! Cette décision vite éclipsée il faut le dire par le Brexit, a été justifiée notamment par le refus des Etats membres de « prendre leur responsabilité » la France en tête puisqu’elle s’est abstenue lors du vote. La diplomatie commerciale semble soudainement avoir pris le pas sur les enjeux environnementaux.

 

Ajoutons une dernière petite touche à ce joli tableau avec les négociations de rachat de Monsanto par le géant chimique et pharmaceutique Bayer à coups de milliards bien sûr (une première offre à hauteur de 55 milliards d’€ aurait été refusée). Difficile de ne pas se poser des questions.

 

Si à première vue je verse aujourd’hui dans la digression, je rappelle quoi qu’il en soit que nos chers vignobles et les viticulteurs du monde entier sont aussi concernés par ce débat qui dépasse la marque Roundup. Si cet herbicide est aujourd’hui sous le feu des projecteurs, le Glyphosate serait contenu par quelques 739 autres produits utilisés en agriculture et viticulture, comme le rappelais récemment le magazine l’Express.

Vineyards in clean lines. Blue sky background

A l’heure où certain remettent en cause, malheureusement, l’idée d’une Europe unie qui fait avancer les choses, l’Europe du Roundup, bureaucrate, inactive, incapable de prendre des décisions ne fait malheureusement pas rêver. Je reste un euro-enthousiaste, parce que l’union doit faire la force. Quoi qu’il en soit la force de conviction de nos chers représentants politiques n’a pas su, pour l’instant, gagner cette bataille du Roundup. Une simple bataille ? Un arbre qui cache la forêt puisque le Roundup est loin d’être seul. Pourtant c’est notre santé, celle de nos enfants et notre héritage écologique qui sont en jeux.