A new giant in the world of wine? If we trust the rumours from the East, China is said to be the new Eldorado of wine. Thanks to a combination of favourable factors, The Red Dragon seems ready to hit the wine jackpot: an enormous domestic market, several regions where the climatic and geological conditions are suitable for viticulture, readily available labour and flying winemakers. The ideal cocktail for this new wine player that will soon be in the limelight, if it is not the case already. Add to this more and more impressive wine production figures, already publicized by numerous journalists, and a few prestige cuvées announced (or already sold) at a very high price, and you have your scoop.

Can we trust the figures and the buzz? Is China the new major player in the global wine industry? If so, can we expect a wind of renewal from the East?

 

According to the latest statistics of the OIV and the numerous press articles – if you don’t read between the lines – China is said to have become one of the largest wine producers and the second largest vineyard in the world behind Spain and ahead of France with a surface area under vine of 820 000 hectares. Impressive figures, but how to interpret them? The second largest vineyard? In theory, we can agree, there are indeed over 800 000 hectares on which grapes are grown. However, China is also one of the most important producers of table grape. The vast majority of the vineyards are thus aimed to produce grapes ultimately consumed in our plates rather than our glasses.

If it is hard to provide an accurate figure, we can estimate that the surface area under vine dedicated to the production of wine is below 100 000 hectares. Hence, China thus remains far behind the historical European wine producing leaders (Spain, France, and Italy) but also behind the USA, Chile, Argentina, Australia, South Africa, Germany, etc. The Asian giant has suddenly lost a few centimetres.

 

However, no doubt China can produce wine in volumes and if the current ranking is not as flattering as it seems, yet the rise in power of China is a reality.

It is more than likely that The Middle Kingdom soon will become one of the leading wine producing countries. The quality of the wine production should also improve quickly.

After all, the exploitable surface is enormous. The discovery of favourable microclimates and suitable soils is not surprising. A few European wine groups, such as LVMH, the group Rothschild or Torres have invested the field already. They are also vocally promoting the viticultural potential of certain regions – with soil analyses and the support of wine experts – from the historical wine producing province of Xinjiang to the more recently invested provinces of Ningxia or Yunnan.

 

Grunge rubber stamp or label with words Chinese Wine, vector illustration

In my view, the question deserving our full attention is the perspective in terms of experimentation and novelty. LVMH has recently announced the upcoming launch of a new exceptional cuvée named « Ao Yun » – or Sacred Cloud – soon commercialised for 250$ a bottle!

A little jewel according to its genitors. Only a few thousand bottles produced in a remote and unique terroir, in the Yunnan, at the foothills of the Tibetan mountains (between 2200 and 2600 metres above sea level). I haven’t tasted this treasure yet, but I have had the opportunity to taste several times the red wines of Silver Heights, also produced in high altitude terroirs (1200 metres above sea level) in the Province of Ningxia. I must admit that these wines can compete with some of the best European bottles.

 

However, what bothers me most with these wines is the fact that we are, once more, speaking – both for the future Tibetan child Ao Yun and for Silver Heights – of Bordeaux blends. Cabernet-Sauvignon will be once again crowned King, escorted by Cabernet-Franc. Alleluia, the wines of Silver Heights also include a minority of Cabernet-Gernischt (another name for Carmenère). Meanwhile, the traditional method sparkling wines composed of Pinot Noir and Chardonnay are multiplying in China.

 

In summary, we have a new viticultural giant, with a true potential, apparently, and what can we expect? Wine styles that we can find all over the world already. Fantastic news!

If the expression of the wines produced in these remote, high altitude vineyards surely will differ from our Bordeaux, from Cabernet-Sauvignon from the Napa Valley or other Bordeaux blends produced elsewhere, why not simply change the recipe.

 

China’s wine industry will boom, no doubt. It will produce bottles that may win awards and that will be sold at very high prices. Yet, we can suppose that these wines will compete with flattering versions of our European grape varieties. A new wine Eldorado coming from the East? The world new seems superfluous. If we can expect volume and technique, novelty looks like a nice illusion.

China is likely to become this new wine player, who copies, looks for quality through replication. A wind of experimentation, a new varietal signature? Not on the agenda for the moment. Then let’s wait and watch the rise in power of this new giant, and hope for the waking up of a few inspired pioneers.

 

 

 

 

 

 

 

Un nouveau géant dans le monde viticole ? Si on se fie aux échos venus de l’Est, la Chine serait le nouvel Eldorado du vin. Portée par une conjonction de facteurs favorables elle serait prête à décrocher la lune bachique. Un marché domestique considérable, plusieurs régions climatiquement et géologiquement propices à la viticulture, une main d’œuvre immédiatement accessible et des flying winemakers. Un superbe cocktail pour cette terre de raisin qui sera bientôt sous le feu des projecteurs, si cela n’est pas déjà le cas. Ajoutons au tableau des chiffres de plus en plus impressionnants en terme de production, déjà relayés par de nombreux journalistes et quelques cuvées de prestige annoncées à prix d’or et vous tenez votre nouveau scoop. Doit-on se fier à ces chiffres éloquents et à ces effets d’annonce ?  Le céleste empire est-il réellement un nouvel acteur majeur sur l’échiquier mondial du vin ? Si c’est le cas doit on s’attendre à un vent de nouveauté venu d’Orient ?

 

A en croire les derniers rapports de l’OIV et les nombreux articles qui ont suivis – si on ne lit pas à travers les lignes – la Chine serait devenue l’un des tous premiers producteurs mondiaux de vin, avec une surface viticole de plus de 800 000 hectares (820 000 pour être précis) qui dépasserait donc celle du vignoble français, talonnant maintenant l’Espagne. Des chiffres impressionnants, mais n’y a t-il pas deux niveaux de lecture. Surface viticole vraiment ? Sémantiquement parlant cela se tiens, puisque ce sont des terres sur lesquelles pousse du raisin. Néanmoins, la Chine reste aussi un des plus gros producteurs de raisins de table. La majorité de cette surface est donc consacrée à produire des raisins consommés in fine dans nos assiettes plutôt que dans nos verres. S’il est difficile de donner un chiffre précis, on peut en fait estimer à moins de 100 000 hectares la surface viticole réellement dédiée à la production de vin, ce qui placerait la Chine loin derrière les leaders historiques Européens (Italie, France, Espagne) mais aussi derrière les USA ou encore le Chili, l’Argentine, l’Australie, l’Afrique du Sud, l’Allemagne etc. Bref le géant asiatique a perdu d’un coup quelques centimètres.

 

Quoi qu’il en soit, la capacité Chinoise à produire du vin en volume ne fait pas de doute et si le classement actuel est moins flatteur qu’il n’y paraît, la montée en puissance de la Chine est une réalité. Que l’Empire du milieu devienne à terme un des leaders en production de vin est plus que probable. Que les standards de qualité soient de plus en plus élevés semble aussi assez crédible. Après tout, la superficie exploitable est considérable. La découverte de microclimats opportuns et de parcelles géologiquement adaptées n’est pas étonnante.

Quelques géants Européens, tels le Champenois LVMH, le groupe Rothschild ou encore Torres ont déjà investi le terrain et rivalisent d’analyses de sols et de paroles d’experts pour confirmer le potentiel viticole de certaines régions, de l’historique province de Xinjiang (pour la viticulture), aux provinces plus récemment investies du Ningxia et du Yunnan.

 

La question qui à mon sens mérite toute notre attention c’est la perspective en terme de nouveauté et d’expérimentation. LVMH annonçait récemment le lancement imminent d’une cuvée exceptionnelle dénommée « Ao Yun » – traduisez nuage sacré – bientôt commercialisée pour quelques 250$ la bouteille ! Un petit bijou, d’après ses géniteurs (on l’espère vu le prix). Quelques milliers de bouteilles seulement issues d‘un terroir unique, dans le Yunnan, aux pieds des montagnes Tibétaines (entre 2200 et 2600 mètres d’altitude). Si je n’ai pas encore eu la chance de mettre le nez dans ce futur cador Chinois, j’ai eu en revanche le plaisir de déguster plusieurs fois les vins rouges du domaine Silver Heights, produits sur des terroirs à quelques 1200 mètres d’altitude dans la province du Ningxia. Je dois admettre que qualitativement ces vins n’ont rien à envier à certains de nos flacons Européens issus de terroirs reconnus.

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En revanche, ce qui me chagrine plus c’est que nous avons une nouvelle fois à faire, tant pour le futur enfant du Tibet, Ao Yun, que pour Silver Heights, à des assemblages Bordelais. Le Cabernet-Sauvignon sera à nouveau sacré roi, accompagné par le Cabernet-Franc. Alléluia, les vins du domaine Silver Heights comprennent également une minorité de Cabernet-Gernischt (autre nom du Carménère). En parallèle, les pétillants méthodes traditionnelles composés de Pinot Noir et de Chardonnay commencent aussi à se multiplier en terre Chinoise.

Bref, nous avons un nouveau géant viticole en devenir, avec un potentiel semble t-il établi et on nous annonce de nouveau ce qui existe aux quatre coins de la planète. Formidable !

Si l’expression de ces terroirs escarpés et nichés en altitude différera sûrement de celles de nos Bordeaux, des Cabernet-Sauvignon de la Napa Valley, et autres assemblages Bordelais produits un peu partout, pourquoi ne pas changer un peu de refrain ?

 

La Chine viticole deviendra très grande à n’en pas douter, elle fera des flacons qui gagneront peut-être certains concours et se vendront à prix d’or. Les premiers signaux laissent néanmoins supposer que ces vins seront avant tout voués à concurrencer des versions internationales flatteuses de cépages Européens. Un nouvel Eldorado venu de l’Est, vraiment ? Un mot semble de trop dans cette phrase. Si le volume et la technique seront vraisemblablement au rendez vous, la nouveauté ressemble à un joli mirage. La Chine risque de devenir ce nouvel acteur du vin qui duplique, cherche la qualité dans la réplique. Un petit vent de nouveauté, une nouvelle signature variétale ? Cela n’est pas d’actualité pour l’instant. Il ne nous reste donc plus qu’à attendre, en contemplant la montée en puissance de ce nouveau géant et à espérer le sursaut de quelques pionniers inspirés.