Prestigious qualifications and titles can sometimes lead to debates, call for comments or even for criticism. Are they deserved and are all the graduates worthy of their title? It is a very broad question as knowledge, analytical mind and personality are all components of the answer.

However, hard work, a long preparation and a marathon exam deserve in my sense, if not respect, at least some consideration and some humility. Everyone can, elegantly, give an opinion, debate and argue. Yet, it is important in that case to have a clear perspective, to understand, to have a fine vision as simplistic comments, caricature or even vulgarity bring nothing to the table.

 

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A few days ago, I skimmed through a chronicle of a fellow blogger – full of spelling mistakes by the way – claiming to be a genuine wine afficionado. This chronicle entitled “Master of wanker” surfed on irony and sarcasm to laugh at a MW and indirectly to question the value of the exam and of the title. The blogger quotes a secret and supposedly great Australian wine producer « MW? You mean Master of Wanker? » to justify his opinion. With regards to the disputable interest of this simplistic, vulgar and ludicrous chronicle only arguing in fact on a wine tasting note written by a Master of Wine, I thought (and I still think) that simplification and stupidity do not deserve any answer.

What bothers me more and what deserves a few lines is the recurrent speech explaining that Masters of Wine are a sect of arrogant, narcissistic and egotistic fellows.

I started this quest for the Holy Grail four years ago, and as I can almost see the light at the end of the tunnel I must say that I have a completely different vision.

 

Becoming a Master of Wine means accepting to be wrong numerous times in the very humbling practice of blind tasting. It is also accepting the judgement of others, fellow students or examiners, sometimes compassionate, sometimes hard and critical. It involves calling your knowledge into question and trying to understand the standards but also the alternative ways, all the faces of the wine market, those you want to see and those that are less flattering.

 

It involves trying to grasp the different wine natures, while keeping in mind that it is an infinite world sometimes remaining impenetrable. It is also thousands of hours of work both alone and with others, in a world in which sharing is considered a problem, according to its detractors. Lastly, it amounts to trying to develop a more pedagogic approach, epitomised, in my view, by Jancis Robinson, Gerard Basset or Debra Meiburg to name only a few.

 

The fact that Masters of Wines are men and women, human beings, with personalities is not news. The fact that they are neither perfect nor infallible is not even debatable. Their tasting judgements and their comments can obviously be discussed. Passing an exam and obtaining a title does not provide immunity.

However, as far as I know, if you want to become a MW you need to learn, to listen, to call into question, to understand the difference, far from that world of egotism and self-satisfaction that some like to describe. You also have to love wine deeply, not only the wine that you intellectualise, calling for dissertation, but also the wine singing in our glasses and thrilling our palates.

 

 

 

 

Un examen et un titre peuvent parfois créer le débat, appeler le commentaire voire même la critique. Est ce mérité et surtout est ce que ceux qui ont obtenu un titre en sont toujours dignes ?

Une vaste question puisque connaissances, esprit d’analyse et personnalité sont autant de composantes de la réponse. Quoi qu’il en soit, un travail assidu, une longue préparation et un examen marathon, méritent je pense à défaut de respect, un peu de considération et un soupçon d’humilité. Que tout le monde puisse donner un avis avec élégance, pour élever un débat ne se conteste pas. Pour autant, encore faut il avoir suffisamment de recul, comprendre, connaître, avoir une vision fine afin de ne pas tomber dans la caricature ou la vulgarité, dans le commentaire facile et gratuit.

 

J’ai parcouru avec curiosité, il y a quelques jours, une chronique d’un alter ego blogger – truffée de fautes d’orthographe soit dit en passant – se revendiquant grand passionné de vin. Cette chronique intitulée « Master of Wanker » surfait sur l’ironie et le sarcasme pour moquer un Master of Wine et indirectement la valeur de l’examen et du titre. Le blogger justifiait son propos par une phrase d’un soit disant grand vigneron Australien (tout en cachant son identité) « MW? You mean Master of Wanker? » Au vu du peu d’intérêt de cette chronique simpliste, vulgaire et caricaturale qui basait sa démonstration sur un commentaire de dégustation pas au goût du dit blogger, j’ai d’abord pensé que la simplification et la bêtise ne méritaient pas une réponse.

Ce qui me gêne plus et qui mérite à mon sens quelques lignes c’est la récurrence de ce propos déjà entendu qui voudrait que les MWs soient une secte d’arrogants, qui cultivent l’égotisme et le narcissisme, sans une once de capacité de remise en cause.

J’ai moi-même entrepris cette quête du Graal bacchique il y a quelques quatre ans et alors que j’entrevois seulement le bout du tunnel, j’avoue avoir une toute autre vision.

 

Devenir un Master of Wine c’est accepter de se tromper de nombreuses fois dans cet exercice ou leçon d’humilité qu’est la dégustation à l’aveugle. C’est accepter le regard des autres parfois tendre et bienveillant, parfois plus critique. C’est remettre en cause un savoir, comprendre le traditionnel mais aussi l’alternative, les différentes visions, celles qui vous plaisent et celles qui sont moins reluisantes. C’est essayer de comprendre toutes les facettes du vin, tout en gardant à l’esprit que c’est un univers sans fin et parfois impénétrable. C’est aussi des milliers d’heures de travail personnel mais aussi de groupe, dans un monde qui ne saurait pourtant pas partager d’après ses détracteurs. C’est développer une approche pédagogique dont Jancis Robinson, Gérard Basset ou Debra Meiburg pour n’en citer que quelques uns, me semblent être de brillants ambassadeurs.

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Que les Masters of Wine soient des hommes et des femmes avec des personnalités, n’est pas une nouvelle. Qu’ils ne soient pas infaillibles et que leur jugement gustatif ou leurs commentaires puissent être discuté n’est pas un souci, ni même un débat. La validation d’un examen et l’obtention d’un titre ne donne aucune immunité.

Pour autant il y a une chose dont je suis sûr, pour devenir Master of Wine, il faut avoir envie d’apprendre, d’écouter, de remettre en cause et de comprendre la différence, loin de ce monde d’égotisme et d’auto satisfaction que certains aiment à décrire. Il faut aussi et surtout aimer profondément le vin, pas uniquement celui que l’on intellectualise et qui appelle la dissertation, mais aussi celui qui fait chanter nos verres et fait vibrer nos palais.